all hail richard starkey : l’épopée post-beatlesienne de ringo starr - part.2

Résumé des épisodes précédents : Au mitan des années soixante-dix, Ringo déprime et s'apprête à enchaîner connerie sur connerie. Vers la première partie...D'abord ses albums : les catastrophiques Ringo's Rotogravure (1976), Ringo the 4th (1977) (si quelqu'un peut m'expliquer la pochette...), Bad Boy (1978), Stop and Smell the Roses (1981), Old Wave (1983), ensuite, en vrac : la mort de Lennon , son mariage avec une James Bond Girl et d'importants problèmes d'alcool.En raison de ces deux derniers éléments, Ringo restera silencieux et ne sortira pas le moindre album pendant près de dix ans.
A Starr is bornIl faudra attendre 1988 pour qu'il redresse la tête. Deux événement vont, plus particulièrement accélérer sa rédemption : le 28 février, Abdou Diouf est élu président du Sénégal ; le 22 avril, des kanaks prennent 24 gendarmes en otage à Ouvéa et en tuent quatre autres à la hache et au fusil à pompes. Par suite, Ringo part en cure de désintox à Tucson, Arizona (tel que prophétisé dans la chanson des Beatles Get Back) et revient un nouvel homme, un born-again singer, with a mission.Ringo assurera, dans des enregistrements secrets et inédits, qui ont depuis été détruits par un complot international secret - ce qui est bien la preuve de leur véracité - avoir, pendant une transe chamanique (que d'aucuns appellent - coma éthylique -), parlé avec l'esprit de John Lennon. Lennon lui aurait dit : "Mec (ils étaient très proches), Paul a les Wings, George a les Travelling Willburys, tu dois fonder ton propre groupe, tu dois surmonter la fin des Beatles" (en anglais dans le texte).Revenu parmi les vivants, Ringo fonde SON groupe : le All-Starr Band (notons bien l'excellent jeu de mots). Un groupe viscéralement attaché à Ringo, comme son nom l'indique (ah ah, ce jeu de mots, très bon), et dont la substance n'est pas altérée par la modifications des membres. Bref, ils sont interchangeables. À ce jour, le groupe a connu plus de 50 membres différents, parmi lesquels : Billy Preston, Nils Lofgren, Todd Rundgren, John Entwistle, Zak Starkey (le fiston), Jack Bruce, Peter Frampton, Dr John ou Clarence Clemons (sniff...).Armé de son groupe, d'une nouvelle coupe de cheveux, résolument plus jeune, et d'une inamovible paire de lunettes de soleil, Ringo écume les stades (enfin, façon de parler, plutôt les salles de taille modeste) depuis 1989 jusqu'à ce 26 juin dernier au Palais des Sports. De ces tournées résultent une dizaine d'enregistrements live, dont un VH1 Storytellers assez avenant (1998).Surtout, dès 1992, Ringo retrouve le chemin des studios, avec l'album du retour Time takes Time, produit par la crème des producteurs eighties : Jeff Lynne, Phil Ramone... des gars responsables de ELO (la musique SFR) ou Flashdance. L'album est bien accueilli par la critique et, dans une moindre mesure, le public, avec les tubes Weight of the World et Golden Blunders. Pourtant, à écouter de plus près, et 20 ans après, il s'agit, sans aucun doute, d'une sombre merde, parfaitement illustrée par les deux daubes susmentionnées et par l'encoreplusdaubesque reprise de Don't be cruel d'Elvis.


Re : Re : Salut les copains En 1998, Ringo reprend la recette du Ringo de 1973, et signe "l'album des copains : le retour", avec Vertical Man. Sont convoqués, notamment, Alanis Morissette, Steven Tyler, Ozzy Osbourne, Tom Petty, et ses anciens compagnons beatlesiens encore vivants, Paul McCartney, et George Harrison, ainsi que leur producteur George Martin. Soit dit en passant, on imagine bien les apéros déconne entre Ringo, Alanis et Ozzy... et le résultat : la chanson titre, avec Ozzy, est moyenne. Le single La de da est sympatoche, mal écrite, mais sympatoche, avec des faux airs de Love is all et un côté globalement très sirop Teisseire.Surtout, l'album contient la seule reprise studio d'une chanson des Beatles par Ringo, et pas n'importe laquelle : Love me do. Le premier 45 tours du groupe et, surtout, le morceau de la revanche pour Ringo. Comme chacun sait, parce qu'il l'a appris au Talmud Torah, trois versions de Love me do avaient initialement été enregistrées : une avec Pete Best, une avec Ringo (Pete Best ayant été viré) et une avec le batteur de studio Andy White. Si la version de Pete Best est restée inédite jusqu'à la publication des Anthologies en 1995, la version de Ringo figurait sur les premiers singles, avant d'être supplantée par celle de White qui fut incluse, affront suprême, sur le premier album Please Please Me. Et la version de Ringo ne persistera que sur le disque de raretés Past Masters vol. I. C'est donc une belle revanche pour notre homme à la queue-de-cheval (l'ornement capillaire) que cette reprise avec lui à la batterie et au chant. Ah ah, bien fait. Bon, sinon, la reprise est nulle, poussive, avec de la grosse guitare molle, des choeurs gras, trop sucrés et un peu faux, et Steven Tyler à l'harmonica (et pourquoi pas Keith Moon à la flûte traversière ?).

Recette identique avec Ringo Rama (2003), "L'album des amis : le retour de la revanche", comme quoi, vraiment, Ringo est un mec sympa qui veut avant tout placer ses copains sur le devant de la scène. Cette fois, sont convoqués dans le studio du dirlo, entre autres, Willie Nelson, David Gilmour, et Eric Clapton. Comme pour le précédent, les chansons sont coécrites avec Mark Hudson (du célébrissime trio Hudson Brothers). Même recette, même absence d'intérêt, même échec commercial et critique. À sauver tout de même le très joli et très touchant Never without You, en hommage à son ami George Harrison, récemment décédé, avec, à la guitare, "le malfaisant" Eric Clapton, imitant Harrison, comme il l'avait fait sur While my Guitar gently Weeps.Les deux albums suivants, Choose Love (2005), avec Billy Preston et Chrissie Hynde, et Liverpool 8 (2008), continuant la collaboration entre Hudson et Starr, seront sans intérêt. En 2010 sort le dernier album, à ce jour, de Ringo : Y Not. Avec cet album, Ringo tourne une nouvelle page. Déjà, il montre qu'il a parfaitement intégré l'écriture SMS. Et c'est pas rien. Ensuite, il rompt avec Hudson, reconvoque des potes et montre qu'il s'en est fait de nouveaux (comme Ben Harper), sans oublier les anciens (Joe Walsh, Van Dyke Parks). Surtout, il renoue avec Macca sur le single Walk with You, une ballade typiquement McCartneyiesque, justement, truffée de références à Elvis, plutôt fade et ratée, mais entêtante, comme toute ballade McCartneyiesque qui se respecte.

Depuis, Ringo est introuvable. On l'imagine bien en vacances, bien méritées, lunettes de soleil, gros bidon, coupe mulet, coupe de champagne et James Bond Girl, avec sa famille et ses potes. Et par-dessus le Cloud Nine, Stu, John et George, trinquant, en sari, un daïquiri à la main. Pete Best en embuscade.
17/09/2011
Pauv’Type