arthur lee & love - part.1 : between clarksdale & hillsdale
Au coeur des années 60, Love fut la floraison à la fois sublime et vénéneuse de la révolution pop californienne. Mythe californien, le groupe multiracial mené par Arthur Lee fut le chainon manquant entre les Beach Boys de Pet Sounds et les Doors de Soft Parade. Auteur d'au moins un chef-d'oeuvre absolu, Forever Changes en 1968, le groupe a passé de nombreuses décennies dans les oubliettes de l'histoire avant de se voir reconnaître leur légitime rang au panthéon rock. Plus qu'aucun autre groupe passé, présent et futur, Love est LE son de la métropole Los Angeles, tentaculaire cité des anges, entre folk-rock, pop en chambre, cuivres mariachi et guitares garage. Cinq du mat', l'air est frais, le mélange de la brise iodée venue de l'océan et de l'odeur de terre des canyons emplit l'air environnant. Un jeune homme, à peine plus qu'un garçon, déambule seul sur les graviers de l'allée qui mène à la maison endormie, placée en contrebas. Depuis son point de vue rocheux, il regarde la ville qui s'étend à ses pieds, une métropole immense, l'eldorado du monde occidental baptisé Los Angeles. Il a 23 ans et le nom du jeune homme est Arthur Lee. Rockeur célébré dans les clubs du Sunset Strip qui l'accueillent presque tous les soirs avec son groupe Love, il voit s'élever depuis le quartier noir de South Central une épaisse fumée noire. C'est le résultat d'une nouvelle nuit d'émeutes entre les habitants noirs du quartier et les policiers du LAPD. C'est l'été 1967, et malgré la légende, ce n'est certainement pas "l'été des fleurs" pour tout le monde. Arthur Lee est né à Memphis, Tennessee. Fils d'une institutrice, il est venu au monde métis au pays de la ségrégation. Un don, une malédiction. Elevé par sa mère et ses tantes, des femmes lettrées et cultivées, le jeune Arthur sera à la fois un fort en thème et un sportif admiré, un playboy macho et un poète sensible. Transplanté dans la Babylone hollywoodienne, il commence très tôt une carrière de musicien r'n'b (les LAG's sur le modèle des Booker T & The MG's) et rock'n'roll (pisse-copie surf pour des groupes locaux), histoire de rencontrer des filles et de profiter des nuits blanches qu'offre l'exercice. A l'aise aux claviers, harmonica et guitare, il traine dans tous les milieux où l'on fait de la musique et s'abreuve à toutes les sources. Comme le jeune guitariste gaucher venu de Seattle, nommé James Marshall Hendrix et métis lui aussi, Arthur Lee n'a aucune envie de rentrer dans une quelconque case, blanche ou noire, qu'elle fusse confortable ou non. C'est d'ailleurs assez logiquement que son groupe The Grass Roots devient Love en 1965. Arthur Lee a vu les Byrds sur la scène du Cyro's et décide que ce nouveau son appelé folk-rock est la voie à suivre. Recrutant le roadie du groupe adverse, Bryan Mc Lean, Arthur Lee s'entoure d'une équipe bigarrée et colorée, où l'on compte le guitariste Johnny Echols et le percussioniste jazz Don Conka. Love ne ressemble à aucun autre groupe cartographié jusqu'alors. Il préfigure les orchestres en bichromie à venir comme l'Experience d'Hendrix et la Family de Sly Stone. Un tel assemblage révolutionnaire ne pouvait pas passer inaperçu. D'ailleurs, le groupe ne passe pas inaperçu. Du tout. Le quintet pratique un folk rock local mâtiné d'agressivité banlieusarde chipée aux Stones. Arthur Lee aidé de Bryan Mac Lean, prend en charge l'écriture des chansons et très vite le groupe écrase la concurrence. On vient voir ces oiseaux rares, classieux comme un quintet jazz, rageurs comme des rockeurs. La musique de Love n'a rien à voir avec un quelconque stéréotype folk, country ou soul. Arthur Lee d'une voix claire et nette chante un rock'n'roll électrique aux accents pop. Elektra, label pionnier du folk progressiste, en fait sa première signature rock. Dylan vient de franchir le Rubicon de l'électricité et tout le monde s'engouffre dans la brèche ouverte. C'est en 1966 que Love publie son premier album. Un grand cru qu'est 1966, peut être même le plus crucial millésime des années 60. Avec leur premier single, My Little Red Book en ouverture, le groupe transforme une composition mineure signée Bacharach/David en monstrueuse montée hormonale. Sur ce simple uniquement, Love s'offre un ticket pour l'éternité rock garage :Mais le disque ne s'arrête pas là. Avec des merveilles ravissantes comme Softly To Me ou Signed DC, Love explore les voies multiples d'une musique pop alors en pleine mutation. Délicat et ouvragé dans ses arrangements, le groupe débutant ne laisse pourtant pas sa part de sauvagerie à la porte du studio. D'ailleurs la chose leur est impossible tant la tension créative est forte au sein du quintet. Despote éclairé, Arthur Lee impose son charisme et sa volonté autour de lui et se sert des talents à sa disposition. Love est son groupe.Suite à ce premier essai, certes brillant mais loin des premières places occupées par les bolides anglais (Beatles, Stones et Kinks) et américains (Dylan, Beach Boys et Byrds), le disque a eu un certain écho régional mais reste une affaire confidentielle pour beaucoup. Elektra est une maison de disque qui est prête à tout pour faire son trou dans le marché rock. Love semble être leur meilleur cheval. Arthur Lee lui, a déjà pensé à la suite de l'aventure. Installé avec son groupe et sa troupe de dealers dans une bâtisse néocoloniale espagnole, il joue à l'apprenti sorcier avec une formule sonore rock enrichie de cuivres jazz, de flûte traversière et de clavecin. Nous sommes en 1967 et il semble que la seule solution pour un groupe de rock crédible soit de repousser plus avant le champ du possible. Da Capo, l'album qui nait de ses expérimentations sous le soleil noir de l'héroïne et du psychédélisme naissant, est une affaire complexe. Le groupe n'est plus un quintet mais un orchestre de 8 musiciens. Love ne se limite plus au folk rock stonien de la saison passée. Amalgamant jazz west coast, clavecin élisabéthain et trompette mariachis, Arthur Lee plonge dans le coeur musical de sa ville d'adoption. L'album est réduit à 6 titres en face A et 1 très long et très pénible sur la seconde. Avec des chansons comme Seven is Seven Is, She Comes In Colours, Orange Skies ou Stephanie Knows Who, Love écrit un demi-chef d'oeuvre. Stephanie Knows Who :Psychédélique dans ses constructions et ses ambitions, le groupe se garde bien de se vautrer dans la verroterie flower power. Aristocratique jusque dans les dentelles hispanisantes de Bryan MacLean, le groupe continue de raffiner sa formule sans perdre une once de son aura de menace. Se détachant de la vulgate garage sixties, le groupe s'engage à la suite de Brian Wilson et de son Pet Sounds déjà mythique vers des sommets inexplorés.A suivre...
Un style unique, reconnaissable entre mille. Samplé, resamplé, sursamplé, la signature sonore de David Axelrod, d’une farouche modernité, est toujours aussi "bankable"
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Un nom de gentilhomme, un profil d’aventurier, une vie de création, une fin tragique. Avant même de découvrir l’œuvre, riche et foisonnante, François de Roubaix fascine.
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Intersidérant groupuscule d’action culturelle et musicale, les Gallois de Super Furry Animals chantent depuis près de deux décennies tout ce qui passe par leurs têtes perchées.
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Associé par les hasards du calendrier à la marée brit pop, Luke Haines a traversé les années 90 en outsider. son sujet, le pamphlétaire Luke Haines n’est jamais très loin du songwriter Luke Haines. Celui qui a été surnommé le "Adolf Hitler de la Brit Pop", a écrit l’un des répertoires les plus passionnants et émouvants du rock anglais contemporain.
Symbole du rock hip et futuriste de la Cité des Anges, les Byrds n’ont jamais atteint la stature iconique d’un Velvet Underground. Un tel monument volailler laissé en déshérence ne pouvait que titiller notre vibre chevaleresque.
Moins culte que Gram Parsons, moins endurant que Neil Young, Gene Clark a laissé une empreinte trop discrète dans l’histoire du rock américain. Son talent lui, ne souffre pourtant d’aucun rival. Séance de rattrapage.
Moins culte que Gram Parsons, moins endurant que Neil Young, Gene Clark a laissé une empreinte trop discrète dans l’histoire du rock américain. Son talent lui, ne souffre pourtant d’aucun rival. Séance de rattrapage numéro 2.
Code Quantum, épisode 43 : Le Dr O’Hagan doit aider Brian Wilson à finir Smile, sans quoi il restera prisonnier de la Californie des sixties et ne pourra pas rentrer dans sa réalité spatio-temporelle: l’Irlande des années 80. Évidemment, il prend son temps.
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Code Quantum, épisode 43 : Le Dr O’Hagan doit aider Brian Wilson à finir Smile, sans quoi il restera prisonnier de la Californie des sixties et ne pourra pas rentrer dans sa réalité spatio-temporelle: l’Irlande des années 80. Évidemment, il prend son temps.
25 ans après les faits, alors qu’on les réédite en version de luxe, JAMC semble bien avoir fait des émules aux quatre coins du globe. Nombreux sont ceux qui reprennent à leur compte les ficelles des frères Reid.
25 ans après les faits, alors qu’on les réédite en version de luxe, JAMC semble bien avoir fait des émules aux quatre coins du globe. Nombreux sont ceux qui reprennent à leur compte les ficelles des frères Reid.
Classe jusqu’au dernier centilitre de laque sur la chevelure d’April March, mollement aristocratique comme le bouc de Count Indigo, Tricatel ravie depuis 15 ans les esthètes de toute origine et condition. L’occasion de baisser notre chapeau devant le talent et le travail de la bande à Burgalat.
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