artic monkeys : suck it and see

Le quatrième bulletin de notes est arrivé par la poste. D'excellents résultats dans les matières littéraires comme les ballades et les mid-tempos, mais de grandes difficultés dans les matières manuelles et sportives comme le rock urbain. Bon trimestre pour les Monkeys mais peut mieux faire.On l'a dit ailleurs, chez Rooster on aime bien les Arctic Monkeys. Enfin surtout moi. Les quatre garçons de Sheffield sont un groupe racé et énergique et leur chanteur et principal compositeur, Alex Turner est doté d'un vertigineux talent de gondolier pop. C'est donc avec beaucoup de plaisir qu'on retrouve nos ouistitis préférés pour leur quatrième sortie discographiques. Après le camp de vacances "Rock Stoner et Mescal" chez le maître Josh Homme qui avait débouché sur la pop engourdie de Humbug, ce Suck It & See frappe surtout par son absence d'unité, passant de la ballade britannique la plus altière au pastiche garage le plus bas du front! Comme chez les Strokes il y a 2 mois, on peine sincèrement à trouver un semblant de cohérence dans ce disque. Car il n'y en a pas de fait. Entre l'introductif She's Thunderstorm, coupant comme un poignard, et Brick by Brick, la jam poussive avec le Grand Roux des QOSTG, on se demande si c'est le même groupe qui en est l'auteur. Même constat entre la réussite en haute couture pop, Reckless Serenade et le pénible et éculé Don't Sit Cause I've Moved Your Chair. Tout au long du disque on se trouve partagé entre des aspirations classicistes transcendées par un groupe de talent, puis des morceaux qui ne riment à rien ou alors à pas grand-chose. Un sentiment de frustration s'installe très vite chez l'auditeur devant ce manque de constance. Reste que certains morceaux continuent de venir nicher dans votre mémoire et que l'on revient finalement volontiers à ce Suck It & See. Comme pour Angles de la bande à Casablancas, on y voit le syndrome de la playlist aléatoire, une sorte de compile best of faite de morceaux passant d'un style à l'autre, sans ordre de lecture ou de développement thématique. On est très loin de Berlin ou du Village Green. 

Reckless Serenade :

  Si ce Suck It & See manque de constance il serait quand même dommage de passer à côté des mignardises parfaitement troussées qui s'y cachent.
06/06/2011
Zardoz