From a mess to the massesEn 1968, David Axelrod est arrivé. Professionnel respecté, il n'a plus grand-chose à prouver. On sent toutefois chez l'homme, comme une soif tenace, un besoin de se mettre en danger. Ce qui le poussera à abattre les portes pourtant bien fermées entre les genres, les styles et les publics. L'heure est à l'expérimentation tout azimut, et à l'image de ses voisins Peter Fonda, Dennis Hopper ou Robert Altman pour l'industrie cinématographique, David Axelrod va lancer son propre "Nouvel Hollywood".Pour mettre en oeuvre son plan démoniaque, tel Herr Doktor Frankenstein, David Axelrod récupère les Electric Prunes, innocent groupe garage au succès modéré et au ton gentiment provoc'. Sans regret, il les sacrifie sur l'autel de la création et lors d'une nuit d'orage, dans sa tour maléfique, il en fait "le groupe chelou qui chante la messe en latin". Horreur !L'album : Mass in F Minor. L'année : 1968. Un extrait : Agnus Dei. Pour de vrai.Du pur Axelrod. L'Amérique découvre dans le même temps le psychédélisme et les drogues qui vont bien avec. L'album est pile-poil raccord et rencontre un petit succès. Le morceau Kyrie Eleison est même utilisé dans le Easy Rider de Dennis Hopper qui lance la révolution alternative au coeur des grands studios. Non, pas d'extraits de ce film hautement subversif sur un blog aussi consulté et à une heure de grande écoute. Surtout une scène où Billy essaye de convaincre Captain America d'aller prendre de la drogue et sauter des nanas... Pour achever ce tableau, déjà haut en couleur, notons que les Electric Prunes, modeste groupe de rock'n'roll, ne résiste pas au choc mystique de l'enregistrement et explose en vol. Qu'à cela ne tienne, David Axelrod finit l'album avec le groupe canadien The Collectors et son "A Team" de studio. Les Prunes, qui n'en demandaient pas tant, sortent quelques mois plus tard un autre album de la même facture, Release an Oath, dont l'ambition assumée est de mettre un terme à la querelle millénaire opposant judaïsme et christianisme. Merci les gars. Reste que Mass in F Minor et Relase an Oath, nés de l'improbable rapprochement entre Axelrod et les Electric Prunes, sont devenus avec le temps de véritables disques cultes. Sans jeu de mot. Beaucoup font même de David Axelrod un père du christian rock. Restons sérieux, voulez-vous. Sound MessiahCapitol décide de récompenser une décennie de bons et retables services en offrant à David Axelrod une carrière solo. Carte blanche. Ce sera Songs of Innocence (1968), un hommage à la poésie mystique de William Blake. L'album, du concentré d'Axelrod, non coupé, est un surprenant succès critique et public. Ca ne ressemble à rien de connu, mais ça s'emboite. Barnum pop rock mâtiné de jazz, débauche de cordes et de cuivres, orchestrations théâtrales... Le rendu est mouvementé mais génial. Beaucoup font de David Axelrod un père du prog rock. Restons poli, voulez-vous. Holy Thursday (utilisé dans la BO de GTA IV) : Songs of innocence est suivi quelques mois plus tard par Songs of Experience (1969), dans la même veine mystico-poétique et aussi réussi que son petit frère. L'année suivante, Axelrod sort son troisième album, Earth Rot, s'emparant de la prise de conscience environnementaliste encore balbutiante. Parallèlement, il poursuit son travail de producteur pour Adderley, Rawls et d'autres, comme la chanteuse Sud-Africaine Letta Mbulu. En 1970, Alan Livingston quitte la tour circulaire de Capitol Records sur un bilan sans appel : ce patron historique du label a fait passer les ventes de 6 à 100 millions par an. La même année, David Axelrod quitte lui aussi la maison Capitol et se décide à créer son propre label. Il entame, après quelques solides années de succès, sa traversée du désert. Son Rock Messiah (1971), une version rock de l'oratorio d'Handel Messiah (soutenue par un orchestre symphonique conduit par Adderley lui-même) reçoit un accueil plutôt froid, preuve que le filon du rock biblique s'épuise (usé sans doute par le succès de Jesus Christ Superstar, qui fait salle comble à Broadway). Sur le point de finaliser un projet de mise en musique du poème Howl ! d'Alan Ginsberg, David Axelrod perd son fils et se met en retrait pour quelques temps.D'entre les mortsMalgré quelques tentatives de retour, au début des années 1990 David Axelrod n'est plus qu'un souvenir confus et lointain. Mais la grande musique survit au temps. Sa signature sonore redevient une référence grâce à des cadors du rap. Ces pilleurs de vinyles impénitents vont trouver dans l'oeuvre du vieux lion une mine d'or regorgeant de pépites prêtes à sampler. Pour ne citer que les plus plus fameux d'une liste qui ne cesse de s'allonger : Dr. Dre, Diamond D, Buckwild, the Wu Tang Clan, Lauryn Hill, DJ Shadow, De La Soul, Sublime, Lil' Wayne. Le travail de David Axelrod bénéficie alors d'un nouvel éclairage, d'une publicité bienvenue. D'ailleurs, preuve de ce retour en grâce, il publie un album en 1993, Requiem : The Holocaust, son premier album depuis longtemps. On retrouve le maître Axelrod dès la première mesure. Pas bien gai mais intéressant. Puis viennent les hommages et autres anthologies. En 2004, et pour la première fois de sa carrière, il remplit le Royal Festival Hall de Londres puis en 2005, signe chez Blue Note Records. A la fois retour aux sources jazz et adoubement aussi tardif que mérité de son style unique. Holy Are You, concert du Royal Festival Hall, avec Richard Ashcroft en guest, ce qui ne manquera pas de faire plaisir à Zardoz (pour d'obscures raisons) :En 2011, David Axelrod est toujours vivant, et toujours à L.A. Bien sûr. Comme beaucoup d'ex-artistes Capitol, il occupe ses vieux jours en faisant des procès, en l'occurrence à tous ces jeunes foutriquets qui l'ont samplé dans les années 1990 sans payer de royalties. To Live & Die In L.A...Epargnez-vous un voyage dans une discographie labyrinthique et inégale. Je vous recommande plutôt un excellent mezze des années Capitol, avec la compilation The Edge : David Axelrod At Capitol Records 1966-1970 (2005).
Un style unique, reconnaissable entre mille. Samplé, resamplé, sursamplé, la signature sonore de David Axelrod, d’une farouche modernité, est toujours aussi "bankable"
Un style unique, reconnaissable entre mille. Samplé, resamplé, sursamplé, la signature sonore de David Axelrod, d’une farouche modernité, est toujours aussi "bankable"
Un nom de gentilhomme, un profil d’aventurier, une vie de création, une fin tragique. Avant même de découvrir l’œuvre, riche et foisonnante, François de Roubaix fascine.
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Does the Flap of a Butterfly’s Wings in Brazil set off a Tornado in Texas? Ou effet papillon. Une cause infime peut-elle entraîner de grands effets ? La charmante Margo va nous permettre d’illustrer le phénomène inverse, soit comment un tremblement de terre en Californie peut provoquer le battement d’aile d’un papillon à New York.
Intersidérant groupuscule d’action culturelle et musicale, les Gallois de Super Furry Animals chantent depuis près de deux décennies tout ce qui passe par leurs têtes perchées.
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Associé par les hasards du calendrier à la marée brit pop, Luke Haines a traversé les années 90 en outsider. Celui qui a été surnommé le "Adolf Hitler de la Brit Pop", a écrit l’un des répertoires les plus passionnants et émouvants du rock anglais contemporain.
Associé par les hasards du calendrier à la marée brit pop, Luke Haines a traversé les années 90 en outsider. son sujet, le pamphlétaire Luke Haines n’est jamais très loin du songwriter Luke Haines. Celui qui a été surnommé le "Adolf Hitler de la Brit Pop", a écrit l’un des répertoires les plus passionnants et émouvants du rock anglais contemporain.
Symbole du rock hip et futuriste de la Cité des Anges, les Byrds n’ont jamais atteint la stature iconique d’un Velvet Underground. Un tel monument volailler laissé en déshérence ne pouvait que titiller notre vibre chevaleresque.
Moins culte que Gram Parsons, moins endurant que Neil Young, Gene Clark a laissé une empreinte trop discrète dans l’histoire du rock américain. Son talent lui, ne souffre pourtant d’aucun rival. Séance de rattrapage.
Moins culte que Gram Parsons, moins endurant que Neil Young, Gene Clark a laissé une empreinte trop discrète dans l’histoire du rock américain. Son talent lui, ne souffre pourtant d’aucun rival. Séance de rattrapage numéro 2.
Code Quantum, épisode 43 : Le Dr O’Hagan doit aider Brian Wilson à finir Smile, sans quoi il restera prisonnier de la Californie des sixties et ne pourra pas rentrer dans sa réalité spatio-temporelle: l’Irlande des années 80. Évidemment, il prend son temps.
Code Quantum, épisode 43 : Le Dr O’Hagan doit aider Brian Wilson à finir Smile, sans quoi il restera prisonnier de la Californie des sixties et ne pourra pas rentrer dans sa réalité spatio-temporelle: l’Irlande des années 80. Évidemment, il prend son temps.
Code Quantum, épisode 43 : Le Dr O’Hagan doit aider Brian Wilson à finir Smile, sans quoi il restera prisonnier de la Californie des sixties et ne pourra pas rentrer dans sa réalité spatio-temporelle: l’Irlande des années 80. Évidemment, il prend son temps.
25 ans après les faits, alors qu’on les réédite en version de luxe, JAMC semble bien avoir fait des émules aux quatre coins du globe. Nombreux sont ceux qui reprennent à leur compte les ficelles des frères Reid.
25 ans après les faits, alors qu’on les réédite en version de luxe, JAMC semble bien avoir fait des émules aux quatre coins du globe. Nombreux sont ceux qui reprennent à leur compte les ficelles des frères Reid.
Classe jusqu’au dernier centilitre de laque sur la chevelure d’April March, mollement aristocratique comme le bouc de Count Indigo, Tricatel ravie depuis 15 ans les esthètes de toute origine et condition. L’occasion de baisser notre chapeau devant le talent et le travail de la bande à Burgalat.
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