deerhunter : halcyon digest

Habité d'une atmosphère riche et unique, puissamment écrit et interprété, le très attendu nouvel album de Deerhunter est une réussite indiscutable.Quatrième album de Deerhunter, formé en 2001 à Atlanta et emmené par le talentueux Bradford Cox (Atlas Sound), Halcyon Digest est l'un des grands moments musical de 2010. Au delà des étiquettes post-punk, art-rock, psych-pop, shoegaze, Deerhunter est avant tout un groupe de synthèse, animé par des musiciens ayant assimilé avec intelligence leurs références : My Bloody Valentine, groupe séminal par excellence, Davie Bowie, Brian Eno et Roxy Music, Echo & the Bunnymen. Autant d'inspirations qu'ils retranscrivent dans un style unique, de façon aussi réfléchie que spontanée.Avec Microcastle / Weir Era Cont. (2008), largement encensé par la critique, Deerhunter s'était imposé comme l'un des chefs de file de la scène indépendante américaine. Les attentes ne sont pas contrariées avec cet album, qui surpasse le précédent. Dans Halcyon Digest, la tension électrique qui parcourait Microcastle fait place à une nostalgie contemplative et un rien morbide. Earthquake, l'ouverture de l'album annonce brillamment la suite ; un caléidoscope de références, un voyage cryptique et atmosphérique. Des villes improbables se dessinent : Memphis, New York, Chicago, Détroit, Los Angeles. Des époques se succèdent et apportent relief au tableau : fifties, sixties, seventies, eighties, nineties. De nouveaux instruments viennent densifier l'univers musical du groupe : le banjo de Revival, par exemple, ou le saxophone de Fountain Stairs et Coronado. L'album reste malgré tout absolument cohérent. Citons les titres les plus susceptibles d'attirer l'attention, comme Revival, aux accents folk-rock :


Ou bien Desire Line, un classique immédiat, qui surclasse à mon sens les (trop rares) bons moments de The Suburbs d'Arcade Fire :



Onirique et jouissif. A se procurer.
04/10/2010
Sugar Daddy