fleet foxes : helplessnessblues

Fleet Foxes est un groupe de Seattle... mais pourrait tout autant être un groupe d'Austin, de Chicago ou de San Francisco, tant leur musique dépasse le cadre spatio-temporelle d'une "scène" pour s'inscrire dans une histoire musicale américaine plus large. Dès leur premier LP éponyme (2008), Fleet Foxes avait imposé son folk rock épique et ses harmonies vocales sophistiquées. Se révélait surtout un groupe à l'écriture impeccable : Quiet Houses, He Doesn't Know Why, Your Protector, ça sentait déjà le talent et le travail à tous les étages. Avec Helplessness Blues, leur second LP, le groupe persiste à proposer une magnifique et singulière synthèse du folk le plus pur et du rock indé le plus ambitieux. Rien à jeter dans les héritages ici revendiqués : Crosby, Still & Nash, The Beach Boys, Dylan, Simon & Garfunkel... Sans oublier l'influence des cousins de Wilco ou de Midlake. Cette fois encore, l'album est d'une surprenante solidité. L'écriture est toujours aussi fluide, les harmonies vocales cèdent un peu de terrain au profit de la voix de Robin Pecknold et les morceaux n'en sont que plus percutants. Montezuma ouvre le bal :
Chose rare, il y a vraiment très peu de déchet dans Helplessness Blues. La séquence qui s'ouvre avec Montezuma et se referme avec Battery Kinzie est parfaite. Celle qui s'ouvre avec Helplessness Blues et se ferme avec le monument en 2 parties qu'est The Shrine / An Argument est au moins aussi bonne. On nous parlait d'un album à la fabrication orageuse. Voilà pourtant un travail miraculeusement apaisé et abouti, qui chante le temps qui passe et les doutes d'un auteur qui, malgré le succès, poursuit sa route créative avec vigilance et exigence.
30/05/2011
Sugar Daddy