Girls : Broken Dreams Club

Un an après l'impeccable "Album", premier LP du duo de San Francisco, Girls revient avec un EP de 6 titres, Broken Dreams Club. Un retour inattendu par sa forme et son timing. Avec Album, Christopher Owens and Chet "JR" White avaient livré des morceaux d'une simplicité et d'une efficacité désarmantes. Des mélodies solaires et intuitives, dignes contributions au "Endless Summer" de la West Coast (d'ailleurs, l'œil triste et un peu fou de Christopher Owen n'est pas sans rappeler Brian Wilson, notre music nerd préféré). Succès critique mérité et buzz de rigueur dans le landernau de l'indie rock US. Bien sûr, l'histoire personnelle épouvantable de Christopher Owen, rescapé de la secte des Children of God, alimente l'intérêt, sans jamais toutefois masquer l'essentiel : Girls est un groupe original, excitant et plein de promesses. Après de nombreux mois de tournée, Girls fait donc le choix de casser sa tirelire toute neuve pour s'offrir une production plus coûteuse que le relativement dépouillé Album. Et c'est un fait, Broken Dreams Club est indiscutablement plus produit. L'instrumentation est plus riche, les arrangements plus recherchés. Girls gagne en professionnalisme mais ne perd rien en fraicheur, en intuition ou en inspiration. La plupart des titres de l'EP sont des plaisirs immédiats, notamment le très efficace Alright :

Certains morceaux se révèlent plus insidieusement et restent hanter l'arrière cerveau. A écouter : l'ouverture, Thee Oh So Protective One, où la voix plaintive de Christopher Owens fonctionne à merveille, ou encore l'enivrant Carolina.

Girls nous propose ici un travail de joailliers de la ballade surf-rock, au savoir-faire maîtrisé et à la main sure. Broken Dreams Club est un petit collier de perles parfaitement calibrées. Les morceaux s'enchaînent avec grâce et fluidité. Pas de déchets, pas de pose, mais une écriture solide et une production élégante.
17/12/2010
Sugar Daddy