radiohead : the king of limbs

Depuis plusieurs années, c'est acté, "la révolution musicale" porte le nom de Radiohead. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est l'Express : L'immobilier, c'est l'explosion ; les Francs Maçons, le complot ; Radiohead, la révolution. Chaque intervention supposée du groupe devient pour les fans et la presse un moment de spéculation et d'intense fébrilité. Et sinon, il s'écoute ce dernier Radiohead ? Radiohead, vous vous souvenez ? Ce groupe rock d'Oxford plutôt efficace, quoiqu'un peu pesant, qui couinait dans nos autoradios. Jouons cartes sur table, voulez-vous. Chez Rooster, on n'est pas tous très client. Mais restons cordial et, surtout, honnête. Radiohead a ses mérites et ses bons moments. Par exemple, 15 Steps, ouverture du In Rainbows de 2007, est une magistrale composition, admirablement construite et exécutée, et bien malheureux celui qui boude son plaisir. Bref. Le 14 février dernier, Radiohead revenait avec The King Of Limbs. Je passe sur les débats relatifs à leur marketing mix, je laisse ça aux journalistes, je vais me contenter de mon ressenti sur leur musique. Je distingue deux phases dans ce disque, séparées par le single Lotus Flower. Autant être franc, je ne suis pas rentré dans la première partie du disque, que je qualifierais de suffocante. Courtes séquences bouclées de façon compulsive, écrasées par la voix surmixée de Thom Yorke, noyée comme d'habitude dans la reverb. Entre le test auditif et le tour de chant sur la ligne 13 à l'heure de pointe, le résultat est plutôt stressant. Electronica et jazz rock, dans l'approche, je préfère Tortoise qui est allé explorer ces territoires musicaux bien avant, avec beaucoup d'intelligence et audace. Par contre, la seconde partie de l'album m'a agréablement surpris. En particulier l'enchaînement Codex, Give up the Ghost et Separator. La production est plus dépouillée, les morceaux, plus ouvertement mélodiques et Radiohead s'offre là dans une simplicité désarmante. Mais cela fonctionne et vient titiller au delà du tympan. Codex est clairement la réussite de l'album :


Bref, à faire des révolutions, on finit par tourner en rond. Si cela signifie se parodier, dommage. Si cela signifie recommencer à proposer de beaux morceaux, tant mieux. PS : Zardoz, par contre, je te déconseille de regarder le clip de Lotus Flower, tu vas encore faire des cauchemars avec Thom Yorke. Il danse comme il chante. Et en plus, il porte un chapeau melon flippant.
15/03/2011
Sugar Daddy