terry reid - dean (live at glastonbury fayre 1971)
"..There are only three things happening in England: The Beatles, The Rolling Stones and Terry Reid.." - Aretha Franklin- 1968Pauvre Terry Reid ! C'est un peu son seul titre de gloire que cette citation de la Queen Of Soul elle-même. Ça, et le fait qu'il ait refusé de rejoindre Jimmy Page dans son ballon plombé. Le noir sorcier du Zeppelin prendra le plus volontaire Robert Plant pour aller à la conquête du monde. Terry Reid restera donc un éternel outsider, un beautiful looser condamné à l'obscurité. Pourtant tout au long de sa carrière en dents de scie, les musiciens de toutes générations et de tous bords ont su reconnaitre de quel bois se chauffer le chanteur anglais. Au milieu des sixties, planté entre les Mick Jagger, Stevie Winwood (Spencer Davies Group, Traffic), Van Morrison et autres Rod Stewart, Terry Reid avait une gorge en béton et les poumons qui vont avec. Et plus encore que la pyrotechnie de sa voix, c'est son impériale maitrise des nuances qui en fit un des plus beaux spécimens de Blue-White Soul à l'anglaise. Témoin direct du swingin' london, il fraya avec l'aristocratie pop de l'époque sans jamais en faire vraiment partie. La faute à un manque de bol chronique, une suite de décisions à l'encontre de ses intérêts et des problèmes de label dans tous les sens. Car si l'animal n'a jamais pu devenir une star, les témoignages, trop rares, de ses prouesses discographiques sont toujours à même de faire de nouveaux amateurs. Il y a bien sûr des choses plus ou moins réussis dans la discographie du gars. Des choses qui ont plus ou moins bien vieillis. Mais ce n'est très certainement pas le cas de l'album River. Sorti en 1973 sur Atlantic Records, ce disque est un miracle. Marqué par un sort vaudou particulièrement tenace, Terry Reid endurera un véritable chemin de croix avant que son disque ne voit le jour. Avant de disparaître aussi vite qu'il était apparu. Mais cette River a finalement réussi à creuser son lit. Un album limpide, rock mais avec la décontraction jazz, jamais démonstratif mais fabuleusement soul. Entre les iles britanniques et la côte ouest des Etats-Unis, le Brésil s'invite aux agapes. River c'est 7 chansons, dont une moitié est acoustique et contemplative quand l'autre griffe un rock tendu et sauvage. Dean, le morceau d'ouverture du disque, mord l'auditeur avec sa syncope funk. Une sorte de réponse britannique aux immenses Meters de la Nouvelle Orléans.C'est d'ailleurs ce morceau que choisit Terry Reid lors de son passage sur la scène de la première édition du festival de Glastonbury en 1971. Une époque où Bowie portait des robes plutôt que la combinaison spatiale de Ziggy Stardust. Les derniers feux de la culture underground sixties avant le grand équarrissage des années 70. Le festival est là immortalisé sur film, dans toute sa splendeur baba. Une journée ensoleillée dans la campagne anglaise. Un public de babos, de motards, de gentils étudiants trotskistes, de mères de familles et même de grannies. Une image qui sent la propagande écolo tendance tarpé, dents gâtées et artisanat tibétain. Pourtant, malgré un côté débraillé typique de l'époque, le groupe envoi du très lourd, sec et précis. Ça s'étire un peu longuement mais la performance est telle, qu'on s'interroge une nouvelle fois sur ce qui aurait pu se passer si le sort avait été plus clément avec Terry Reid. Enjoy !
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Si Noel Gallagher a été frappé de tétanie artistique après 1995, celui-ci est resté un amateur éclairé de rock britannique. C’est assez naturellement qu’il fait alliance avec The Coral en 2007 à la BBC.