the byrds, part. 1 – roger mc guinn

Groupe pionnier de la fusion folk et rock au milieu des années 60, les Byrds furent de toutes les révolutions esthétiques - psychédélisme, baroque pop, country rock - qui secouèrent musique pop d'Après-guerre. Symbole du rock hip et futuriste de la Cité des Anges, le groupe n'a pourtant jamais atteint la stature iconique qui est aujourd'hui celle de ses contemporains Velvet Underground, Beach Boys ou autres Doors. Près de 45 ans après les faits, un tel monument volailler laissé en déshérence ne pouvait que titiller notre vibre chevaleresque.
Préambule
Pour une raison obscure, probablement liée à une quelconque exception culturelle française, les Byrds n'ont jamais eu bonne presse en France. Au pays du coq au vin et de la poule au pot, les oyseaux californiens passent toujours pour un gentillet groupe pop. Pas assez acid west-coast, pas assez pop bubblegum, pas assez rock cuir, ni même suffisamment ruraux, les Byrds ont pourtant été partout et avant tout le monde. Modèle incontournable de classe et hip dès leurs premiers pas médiatiques, les Byrds furent le premier groupe américain capable de rivaliser avec la British Invasion. Sans les Byrds, il n'y a pas de Love, pas de Flying Burritos, encore moins de Buffalo Springfield, Poco, Eagles, CSN&Y ou même Big Star. Et là, on ne va qu'au plus court. Si le groupe n'a eu une qu'une courte carrière, de 1964 à 1971 en étant large, son influence continue de peser sur la musique rock depuis plus de quarante ans. Ainsi, on citera parmi les amis de la cause : les Smiths, REM, Husker Dü, Teenage Fanclub, Wilco, Fleet Foxes ou encore les magiciens texans Midlake. Afin de prendre la mesure d'un tel groupe, Rooster s'offre un tour d'horizon des migrations, en équipe ou en solo, des plus épyques des oyseaux lysergiques.
ThunderbyrdRoger McGuinn EST les Byrds. Le leader historique, son éternel image. Le guitariste visionnaire à la rickenbaker douze cordes avec ses lunettes carrées-ment pop. Les mêmes qui firent le bonheur de Lennon circa Revolver. ce dernier avait reconnu dans le Byrd en chef, un frère d'arme moderniste. Mc Guinn, c'est donc le capitaine de la flotte. Bien qu'abandonné plus d'une fois par son équipage sur une île déserte, sans pain ni eau, il est resté le seul maître à bord du navire. Envers et contre tout, le chicagoan Roger/Jim McGuinn EST les Byrds. Guitariste et songwriter déjà vétéran quand il déménage pour L.A en 1964, Jim McGuinn vient, comme de nombreux autres, du folk universitaire qui se joue traditionnel dans les coffee-shop. Il commence très tôt à travailler comme guitariste de studio auprès de vedettes proprettes en pull angora. Mais il entend bien que le son de sa génération passe par la révolution pop venue d'Angleterre. La découverte du son et des images d'Hard Day's Night des quatre de Liverpool le décide à suivre la route vers l'ouest, direction le sud de la Californie, et sa destination finale, Los Angeles et sa scène bourgeonnante aux pieds des palmiers. S'il n'est ni Dylan, ni même Lennon, il a compris qu'une place était à prendre entre les deux. Un pont entre pop, rock et le folk. C'est de cette idée a priori simple que part le projet Byrds, ex-Beefeaters, ex-Jet Set. C'est sa rencontre avec le gros Crosby, indigène hollywoodien, et Gene Clark, beau gosse immigré du midwest rural qui va sceller son accession aux premiers rangs du rock business. C'est sur lui que le premier manager et pygmalion du groupe, Jim Dickson, va s'appuyer pour donner un hit aux Byrds. Avec son chant nasillard, coupant au milieu des harmonies tissées par Crosby et Clark et appuyées par le déjà virtuose Chris Hillman et le beau gosse Michael Clarke, c'est McGuinn qui vocalise la synthèse folk-rock parfaite qu'est Mister Tambourine Man.Mister Tambourine man - Frankie Avalon Show TV - 1965
Time There Are A ChangingD'ailleurs le folk rock, il ne l'invente pas plus qu'un autre. Le truc était dans l'air depuis un bout de temps et il ne fallait pas être un sorcier pour se rendre compte de l'évidence de la chose. Mais c'est quand même lui qui le rend réel. Il est aussi le seul à jouer sur l'enregistrement de ce tube mondial. Le reste du groupe a été remercié au profit du wrecking crew, usual suspects aux sessions de Phil Spector et Brian Wilson. Roger McGuinn ce sera donc celui qui mènera le groupe instable à travers les "temps qui changent". Folk-Rock, Rock Psychédélique, Revival Country, expériences jazz-pop et vocal, les Byrds ont tout tenté et ont souvent remporté la mise. Roger McGuinn est le mec à la barre, qui par son jeu de guitare brillant, curieux et synthétique va pouvoir négocier tous les virages, toutes les surprises avec un cool impeccable. Eight Miles High - 1967Pareillement, il sera un songwriter régulier et brillant qui donnera la richesse incroyable du répertoire des Byrds (5D, Mr Spaceman, So You Wanna Be A Rock n'Roll Star...). On ne compte pas les merveilles que l'homme a à son actif pendant les cruciales années 1965-1969 et six albums absolument incontournables (tout particulièrement dans leurs versions CD de 1997 chez Sony CBS avec des bonus absolument vitaux). Une force et un calme face aux événements qui en imposent Car même avec un bouc tendancieux au menton à partir de 1966, McGuinn reste le nordiste élégant au milieu des moustaches et kaftans qui commencent à fleurir sur le Strip. So You Wanna Be a Rock n' Roll Star - mars 1967 - Swedish TV ShowEt quand il faudra survivre à la défection de la totalité du groupe original en 1968, suite à la prise de pouvoir de Gram Parsons et Chris Hillman sur Sweetheart of The Rodeo, c'est lui qui transforme un groupe jusque là instable en dehors du studio en machine à concerts taillée pour la route. A partir de 1969, avec ceux que les fans ont surnommés les Hairy Byrds (les oiseaux chevelus), il écumera les villes américaines et européennes avec régularité. Il écrira d'immenses chansons dans un style folk-rock. Ballad of Easy Rider et Chesnutt Mare sur Untitled (1970), le dernier vrai grand disque du groupe avant d'être frappé d'incapacité artistique.Chesnutt Mare - Germany TV Show -1971
Consolation PrizeQuand viendra l'heure de la quille et de la première reformation du groupe original en 1973 - les Byrds ont été précurseurs en tout, même du business de la reformation - il laissera Crosby, trop heureux de prendre sa revanche, en marche des affaires. L'aventure ne tiendra que le temps d'un album. Roger McGuinn sait déjà que l'affaire est entendue et que les Byrds sont du passé. A partir de 1973, il se lance en solo et accompagné. Il publie des albums pas mauvais mais pas très bons non plus, puis il va faire la fête sur la route comme artiste et ménestrel sur la Rolling Thunder Revue du Bob Dylan revigoré de 1975-1976. A la fin des années 70, il se remet avec ses vieux complices Gene Clark et Chris Hillman pour des concerts où l'on balance les vieux hits en même temps que des nouvelles (moins bonnes) chansons et bien sûr des disques où l'on usine un soft rock vaguement folk et rock. Cette dynamique s'essouffle après deux albums et quelques tournées. Les années 80 le verront le cul entre deux chaises, légende du rock et musicien quadra paumé. Il restera encore une fois très cool. En 87, il est fourré comme tous les "vieux" de sa génération (George Harrison, Dylan, Roy Orbison) chez Tom Petty. Celui-ci, qui s'est fait un nom sur le recyclage talentueux des mouv's du Byrd à lunettes lui offre un joli come-back commercial à la maison. Entré au Hall Of Fame, l'homme taffe sur le Net à offrir la bonne parole folk. On l'a vu dernièrement reprenant Dylan, encore une fois, sur la BO de I'm Not There de Todd Haynes. Toujours vert et à l'aise, on se prend à rêver d'un retour bien entouré et à une musique plus ambitieuse de la part de celui dont Edwin Collins vantait l'élégance absolue dans le brillant Consolation Prize d'Orange Juice. You Ain't Goin' Nowhere - 1968
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26/09/2011
Zardoz