the high llamas - part.2 : le temple du soleil
Du bel ouvrage, mais encore rien comparé à ce qui arrive.Gideon Gay (V2, 1994) est à mon sens un grand album bien vite oublié. Fait essentiellement avec beaucoup de talent et du fraiche (l'album n'a coûté que 40 000 francs), Gideon Gay est un hommage absolument évident et réussi aux productions wilsoniennes (claviers sixties sur le temps, mute basse à la Carol Kaye, subtils arrangements de cordes, longues notes de violoncelle, choeurs, batteries épurées) avec une vraie couleur post-rock. Les 25 premières minutes sont intouchables avec de vrais moments de perfection : Giddy and Gay ; Checking In, Checking Out ; Up in the Hills... Gideon Gaye permet aux High Llamas de poser leur signature harmonique et de fixer leur identité sonore.
29 morceaux, 77 minutes, Hawaii (V2, 1996) est un Léviathan, à la mesure de la passion évidente de Sean O'Hagan pour les Beach Boys : l'album est une synthèse de Smile, Friends, 20/20, Sunflower et Surf's Up. Précisons tout de même avant d'aller plus loin que Bruce Johnston, après l'avoir écouté, déclare que Sean O'Hagan serait le seul musicien aujourd'hui capable de produire un album des Beach Boys. L'intéressé sera d'ailleurs convoqué en Californie pour concrétiser ce projet autour des survivants, pour une fois rassemblés autour d'un nom. Le projet ne verra pas le jour (nous parlons des Beach Boys, rappelons le) mais illustre le degrés de reconnaissance atteint par Sean O'Hagan avec Hawaii.
Difficile faire sortir des morceaux de cet ensemble ultra cohérent. Disons que j'ai une préférence toute personnelle pour Ill-fitting Suits, Dressing Up The Old Dakota et Peppy, qui ne sont pas les meilleurs moments du disque, mais les morceaux qui pourraient prétendre à une existence hors de l'album. Monstrueux, unique, génial, s'il a toutes les caractéristiques d'un album des Beach Boys, c'est une oeuvre véritablement originale.
