the high llamas - part.3 : nomads

On reproche généralement aux High Llamas d'être prisonniers d'un univers musical que beaucoup réduisent à sa portion congrue: atmosphère retro, easy listening nourrie aux Beach Boys, Birds, Bossa, Samba, Tropicalia et aux BO 60s. Au contraire. Depuis 20 ans, ce groupe transcende avec talent références et styles, dessinant par petites touches une oeuvre musicale singulière et lumineuse. Retour sur les vies musicales de Sean O'Hagan, grand architecte des High Llamas. La fin des années 1990 est une période chargée pour les High Llamas, forts de leur succès d'estime, il vont enchaîner 4 albums : Cold and Bouncy (V2, 1998), la compilation de remixes Lollo Rosso (V2, 1998) on l'on retrouve l'excellent Jim O'Rourke, Snowbug (V2, 1999), qui clôt la période V2 et enfin Buzzle Bee, sorti en 2000 chez leur nouveau label Drag City, label historique de Pavement où l'on retrouve Stereolab (comme par hasard), Jim O'Rourke (tiens), mais aussi Bill Callahan.Difficile de succéder à Hawaii. Plus électronique et expérimental que le précédent, sous l'influence amicale d'Andy Ramsay de Stereolab, Cold and Bouncy inaugure le High Llamas 2.0, véritable laboratoire de recherche musical. L'album propose de purs moments de plaisir : HiBall Nova Scotia, Glide Time et surtout, surtout, Over the River, BO parfaite et inoubliable d'un film imaginaire. Le noyau de base, composé par Sean O'Hagan, Marcus Holdaway, Jon Fell et Rob Allum s'ouvre également à Dominic Murcott, qui s'installe derrière les marimba et vibraphone, éléments indispensables de la signature sonore du groupe. Aperçu avec Glide Time :


De la même énergie sort Snowbug, un an plus tard. Le groupe opère ici la fusion entre ses références traditionnelles (au premier rang desquelles, sur Snowbug, tropicalia et samba) et cette touche d'électronica seventies inaugurée sur Cold and Bouncy. Jusqu'à présent la production était impeccable. Sur Snowbug, la production est parfaite, nuance apportée par le monsieur derrière la console : l'excellent John Mc Entire (Tortoise, The Sea and Cake). Pas vraiment étonnant de la part d'un groupe très apprécié dans l'univers post-rock. Mention spéciale pour l'ouverture de l'album (Bach Ze, suivi de Harpers Romo), Go to Montecito et Janet Jangle. Mise en bouche avec Bach Ze :

Album de transition, Buzzle Bee inaugure la période Drag City, nouveau label du groupe. Moins abouti que les précédents, moins fin que les suivants, Buzzle Bee a malgré tout ses bons moments (Sleeping Spray, New Broadway), mais ne sera pas distribué en France. Le renouveau du groupe ne vient réellement que 3 ans plus tard avec Beet, Maize and Corn. Subtile et discrète symphonie bucolique où les cuivres donnent la réplique aux coeurs feminins, les violons portent le banjo, où la batterie cède la place à de délicates percussions. Un album intemporel, une expérience musicale singulière. Cet album ne sera distribué en France que grâce au précieux Bertrand Burgalat et son label Tricatel. Là encore, il est difficile d'extraire un titre de cet ensemble, mais retenons pour le principe Calloway, High on the Chalk et bien sûr The Click and the Fizz :

Le dernier High Llamas en date est Can Cladders (Drag City, 2007), une très belle réussite qui voit le groupe renouer avec batterie, orgues, banjo et marimba, sans abandonner la délicate orchestration de Beet, Maize and Corn. Can Cladders est plus immédiat, plus léger et sans doute plus accessible. The Old Spring Town, Winter's Day, Clarion Union Hall, Cove Cutter (Hills and Fields) sont d'inestimables ajouts à notre liste d'écoute. Vous l'aurez compris, il n'y a pas beaucoup à jeter. Si vous connaissez peu, ou mal, je vous invite à écouter en priorité Hawaii ou l'excellente rétrospective de leurs années V2 : Retrospective, Rarities and Instrumentals (V2, 2003) qui a le mérite de donner, en deux disques, un juste aperçu du talent de Sean O'Hagan.
25/03/2011
Sugar Daddy