Au début, vers 2002-2003, on a cru que TV On The Radio était - encore - un projet de producteur démiurge genre UNKLE ou This Mortal Coil. Soit la rencontre en studio d'une voix et d'une ambiance. Quelque chose de binaire, entre Dave Sitek, jeune turc de la production New York Rock - Yeah Yeah Yeah, Radio 4 - et d'un éphèbe noir à la voix de python extatique, Tunde Adebimpe. Mais avec leur premier album officiel, Desperate Youth, Blood Thirsty Babes en 2004, TV on The Radio avait déjà muté en trio à têtes chercheuses, malaxant new-wave anguleuse, soul déphasée, rock sec et électro glapissante. S'adjoignant la guitare et la barbe de Kyp Malone, TV On the Radio, soit Sitek et Adimpe, se retrouvaient au volant d'un groupe de rock'n'roll cérébral et sexy, héritier de Bowie, Wire, Eno et autres Talking Heads, pour ne citer que les plus évidents. Une sorte de Roxy Music d'ébéne pour les années 2000.Et le succès fut au rendez-vous! Formidables machines rock'n'roll, les albums Return to Cookie Moutain (2006) et Dear Science (2008), développaient plus avant les chansons entre chien et loup, bruillantes, bruitistes, bouillantes. Pourtant le groupe se baigne aussi dans les sources de jouvence soul, pop et gospel, offrant un délicat et bienvenu décalage dans leur son. Cette démarche entre bruit, mélodie, simplicité et carambolage sonore, atteint son apex à l'occasion de Dear Science, album plus discipliné et "classique", porté par l'optimisme d'un changement politique et social profond après les années sombres de l'administration Bush.3 ans plus tard, Nine Types Of Light reprend les choses là où le disque précédent les a laisser. Déménagement sur la côte ouest, albums solos, distance, TV On The Radio est aujourd'hui un groupe professionnel et à ce titre, s'assagit, prend son temps. Nine Types of Light est exactement l'image de ce moment là dans la vie du groupe. Will Do est une pop song, mise en orbite par la force d'un refrain qui enfonce le clou. Caffeinated Conciousness semble une lecture futuriste des blues primitifs des White Stripes qui se téléscope ensuite avec un refrain en apesanteur. Repetition pourrait être un inédit dangereux des Talking Heads, se frayant un chemin dans votre cerveau avant de faire des oeufs dans votre mémoire. Le disque n'a pas les atours hurlants des premiers temps, ses angles se sont arrondis. Il semble que le groupe n'ait aujour'hui plus besoin d'aggresser pour s'imposer. Le disque se goûte sur la longueur, en observant les reflets de lumières dans la mise en sons, les couleurs des chansons qui s'enchainent. It's Only Modern Rock'n'roll mais j'aime ça...
Write About Love (Rough Trade, 2010) est le septième album de Belle & Sebastian. J’entends déjà ricanements et malveillances. On examine la pochette, pas de problème, il s’agit bien d’un album de Belle & Sebastian. Un goût acquis, une marque refuge et toujours la même sérénade pour introvertis. Wrong.
Un troisième album est souvent un album couperet : il peut faire oublier les errances d’un deuxième disque et raviver l’enthousiasme du premier, ou alors précipiter un détachement latent (Arcade Fire, Interpol, Arctic Monkeys).
Quelle place en 2011 pour les quadras anversois de dEUS ? Que faire quand on a décidé de continuer ? Se mettre à l’acid folk ? Se faire produire par David Guetta ? Début de réponse avec Keep You Close.
Un an après l’impeccable "Album", premier LP du duo de San Francisco, Girls revient avec un EP de 6 titres, Broken Dreams Club. Un retour inattendu par sa forme et son timing.
Je pose 15 divisé par 4, je retiens 3 et j’ajoute 4. Julien Baer, éternel vagabond d’une chanson française sensible, est dans une drôle de situation et ça fait 15 ans que ça dure.
Trio de musiciens accomplis, Leafer produit un rock indie pouvant rappeler le meilleur des années 2000 canadiennes (Wolf Parade, Arcade Fire) sans jamais en faire une pale copie.
Parmi les invités du premier "tribute" à Alain Bashung, ce sont les jeunes pousses clermontoises de Mustang qui impressionnent le plus. Leur reprise aussi brillante que casse-gueule de La Nuit Je Mens met un mustang dans votre moteur.
Depuis plusieurs années, c’est acté, "la révolution musicale" porte le nom de Radiohead. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’Express : L’immobilier, c’est l’explosion ; les Francs Maçons, le complot ; Radiohead, la révolution.
ou comment le comité éditorial de Rooster, gavé d’orgueil et de frangipane, désigne au terme d’une procédure hautement contestable, ses albums 2011 préférés
En attendant leur troisième, et déjà ultra hypé, album Skying pour le mois d’août, les Horrors nous régalent avec un premier single Still Life qui laisse augurer du très lourd pour la rentrée...
Avec la publication de "Nine Types Of Light", on fête l’inespéré retour de TV On The Radio
sur terre. Une visite bienvenue de la part de l’un des meilleurs groupes américains des années 2000.