wilco : all around the house - live review

29 octobre 2011, 21:00. Roundhouse, Camden, London. Rooster assiste, un brin fébrile, à l'entrée de Wilco sur scène pour son deuxième soir. Nb : L'illustration de cet article n'a bien entendu rien à voir avec Wilco. Quelques accords de guitare acoustique émergent du léger larsen ambiant et une première constatation : la setlist ne sera pas la même que la veille. De fait, seules 8 chansons (sur 21 ce soir-là) seront jouées les deux soirs. C'est moins anodin qu'il n'y paraît de prime abord. Ça signifie, non seulement, que le groupe dispose d'un répertoire de chansons particulièrement étendu, mais également qu'il maîtrise, quotidiennement, probablement la quasi-totalité de ce répertoire. On décèle ici le fruit d'un travail constant, le groupe étant en tournée quasi-permanente.Ouverture sur One Sunday Morning (Song for Jane Smiley's Boyfriend), qui clôture le dernier album et qui permet de s'approprier doucement l'ambiance feutrée de la Roundhouse. Enchaîne Poor Places, tirée du merveilleux Yankee Hotel Foxtrot, alternant sucré et salé et préparant la suite. My Fangs Have Been Pulled But I Really Wanna See You Tonight... La suite justement, est tonitruante : Art of Almost, morceau baroque et astral, bousculant tout sur son passage, notamment en raison de la hargne de Nels Cline qui se désarticule complètement - corps et son - dans la deuxième partie du titre, et livre un morceau de bravoure immense sans jamais être bavard.I Might, premier single du dernier album (voir Telex sur The Whole Love), déjà un classique. Tout le monde danse. At Least That's What You Said permet à Jeff Tweedy, enchapeauté pour l'occasion, de faire vibrer son public alors qu'à nouveau, Nels Cline orchestre avec ses comparses un ovni sonique déconcertant de chaos organisé.Bull Black Nova, pas ma préférée de l'album au chameau, se fond bien dans le délire sonique de la soirée. Accalmie avec Via Chicago, un autre grand classique tout en contraste, acoustique et électrique, simple et foutraque, la douceur de la mélodie et la dureté des mots. Puis le grand écart : Born Alone, du dernier album, suivi de Box Full Of Letters, le tout premier single du groupe, unique chanson du soir tirée de A.M. Là où la seconde traverse raisonnablement les années, la première semble être un classique instantané, pourtant encore inconnu il y a deux mois... Les chansons s'égrènent parfaitement, le groupe est en pleine cohésion : War on War, punk acoustique, Hummingbird, opéra de poche tiré de A Ghost is Born, Whole Love, tube pop rigolard éponyme du dernier album. Suit la seule chanson tirée de Sky Blue Sky, mais quelle chanson : Impossible Germany et sa deuxième partie instrumentale qui fait twister les hanches. Wilco lève le pied de l'accélérateur, deuxième accalmie avec une succession de deux chansons acoustiques : d'abord Open Mind, un peu facile mais plaisante, puis I'll Fight, probablement le titre le plus mémorable de l'album au chameau. Retour sur YHF avec le discret mais remarquable Pot Kettle Black, suivi de Dawned on Me puis clôture du concert sur l'apocalyptique A Shot in the Arm, deuxième chanson tirée de Summerteeth. Toute la salle, sautillante, réclame en coeur sa dose sur fond de chaos sonore et odeur de fin du monde :  Baby All I Need Is A Shot In The Arm !

Pas chiche, Wilco reviendra pour un rappel de trois chansons : The Late Greats, poppy et délicieusement intimiste, préparant à la reprise de Cruel to Be Kind de et avec Nick Lowe sur scène, hommage réciproque touchant. Et, enfin, comme pour rappeler ce qu'est un groupe de rock : Heavy Metal Drummer, ses paroles mi-blague mi-nostalgie et ce gimmick sautillant qui s'arrête toujours trop tôt.

Bilan : belle soirée au pays de Wilco, 21 chansons mais pas une seule de Being There ou des albums Mermaid Avenue en hommage à Woody Guthrie. Tant pis, on ne pouvait pas tout avoir, dans un répertoire aussi étendu, il fallait faire des choix, et ceux de ce soir étaient irréprochables, piochant de manière équilibrée dans chaque époque du groupe. Ce qui restera dord de ce concert, c'est le plaisir d'avoir vu un groupe et non six musiciens jouant ensemble. Après de nombreux errements, le line-up semble avoir trouvé son point d'équilibre, chacun est à sa place, parfait pour lui-même et au service de l'ensemble. Ce qui restera aussi, c'est l'impression troublante que les titres joués étaient tous des classiques. Sans doute car aux chansons bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années.
09/11/2011
Pauv’Type