Brisons d'emblée tout suspens : oui, le dernier Wilco est exceptionnel, sans aucun doute le meilleur depuis Yankee Hotel Foxtrot (2002). Dix ans plus tard, et malgré le départ - désormais définitif - de Jay Bennett, Wilco n'a rien perdu de sa superbe. Il l'a même retrouvée. Les deux derniers albums contenaient de très belles choses (Impossible Germany, What Light, You & I, I'll Fight), mais s'avéraient moins ambitieux et moins cohérents que leurs prédécesseurs. Avec The Whole Love, la nouvelle formation arrive à un degré de cohésion flirtant avec Yankee Hotel Foxtrot, de manière d'autant plus impressionnante que l'album est probablement aussi leur plus versatile.L'album s'ouvre sur l'hallucinant Art of Almost, longue composition baroque, secouée, acide, qui, contrairement à ce que laisse penser son titre "vraisemblablement ironique" ne tient pas de l'à peu près. Le début, avec son rythme en saccades et ses instrumentations minimalistes, fait penser au 15 Steps de Radiohead, avec lesquels ils sont définitivement condamnés à être comparés, alors même que leurs musiques sont, par ailleurs, si différentes.Mais la chanson évolue ensuite vers une espèce de rock furieux, laissant peu à peu la place aux guitares nerveuses, violentes et décomplexées de Tweedy, Sansone et, surtout, Nels Cline, un peu comme du Free Jazz, l'ennui en moins.Derrière cette ouverture époustouflante, la pop enchantée de I Might, vient rassurer l'auditeur. On est ici en terrain connu, mais délaissé depuis longtemps. La chanson, comme son instrumentation, rappelle fortement Summerteeth. C'est un compliment.Ensuite, l'album est essentiellement fait de virages et dérapages, parfaitement contrôlés, comme un récapitulatif de leur carrière, mais animé d'une cohérence propre. De la pop douce et mélancolique façon A Ghost is Born : Sunloathe, un rock sautillant façon I'm Always In Love : Dawned on Me, ou de la country, dépressive façon Being There (disc 2), tirant sur Elliott Smith, ou acoustique/classique façon Being There / Mermaid Avenue : Open Mind, Capitol City et Rising Red Lung. Enfin, un punk rigolard et vaguement glam, comme... rien ? : Standing O. Mais, diable ce que c'est entraînant.Et puis, comme sur tout bon Wilco, il y a de purs chefs-d'oeuvre. Outre les deux chansons ouvrant l'album, on peut citer dans cette catégorie Born Alone, avec son riff entêtant et ses guitares qui s'entremêlent et qui, pour une raison étrange, rendent tout simplement heureux et, pour une raison encore plus étrange, conduit à sauter à pieds joints en tapant des mains, en pleine rue, en pleine journée. Et sobre.La chanson titre joue dans le même registre. Wilco nous délivre tout son amour, et on y croit pleinement. Et on resaute à pieds joints. Enfin, pour conclure l'album, une très longue chanson folk : One Sunday Morning (Song for Jane Smiley's Boyfriend). Douze minutes des mêmes deux accords. Ça pourrait être ennuyeux, mais c'est tout simplement sublime, de subtiles variations, quelques notes de pianos viennent se greffer sur la guitare accoustique, des percus légères, des notes de guitares électriques piquées, de la pedal-steel... et la voix, sobre, sombre et héroïque de Jeff Tweedy. C'est long, répétitif, et pourtant on voudrait que ça ne s'arrête jamais. Un peu quelque part entre This is just a Modern Rock Song de Belle & Sebastian et Heroin du Velvet Underground. Ce gimmick... Vous avez dit entêtant ? La chanson arrache des larmes, surtout quand ça se termine, exactement comme à la fin de Sad Eyed Lady of The Lowlands, concluant Blonde on Blonde de Dylan. Et le son. On dit souvent de Blonde on Blonde que le son y est mercurial. Je n'ai jamais vraiment compris ce que ça signifiait. Mais je crois que le son est, ici aussi, mercurial.Wilco, The Whole Love, le chaînon manquant entre Johnny Cash et le Velvet Underground.
Write About Love (Rough Trade, 2010) est le septième album de Belle & Sebastian. J’entends déjà ricanements et malveillances. On examine la pochette, pas de problème, il s’agit bien d’un album de Belle & Sebastian. Un goût acquis, une marque refuge et toujours la même sérénade pour introvertis. Wrong.
Un troisième album est souvent un album couperet : il peut faire oublier les errances d’un deuxième disque et raviver l’enthousiasme du premier, ou alors précipiter un détachement latent (Arcade Fire, Interpol, Arctic Monkeys).
Quelle place en 2011 pour les quadras anversois de dEUS ? Que faire quand on a décidé de continuer ? Se mettre à l’acid folk ? Se faire produire par David Guetta ? Début de réponse avec Keep You Close.
Un an après l’impeccable "Album", premier LP du duo de San Francisco, Girls revient avec un EP de 6 titres, Broken Dreams Club. Un retour inattendu par sa forme et son timing.
Je pose 15 divisé par 4, je retiens 3 et j’ajoute 4. Julien Baer, éternel vagabond d’une chanson française sensible, est dans une drôle de situation et ça fait 15 ans que ça dure.
Trio de musiciens accomplis, Leafer produit un rock indie pouvant rappeler le meilleur des années 2000 canadiennes (Wolf Parade, Arcade Fire) sans jamais en faire une pale copie.
Parmi les invités du premier "tribute" à Alain Bashung, ce sont les jeunes pousses clermontoises de Mustang qui impressionnent le plus. Leur reprise aussi brillante que casse-gueule de La Nuit Je Mens met un mustang dans votre moteur.
Depuis plusieurs années, c’est acté, "la révolution musicale" porte le nom de Radiohead. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’Express : L’immobilier, c’est l’explosion ; les Francs Maçons, le complot ; Radiohead, la révolution.
ou comment le comité éditorial de Rooster, gavé d’orgueil et de frangipane, désigne au terme d’une procédure hautement contestable, ses albums 2011 préférés
En attendant leur troisième, et déjà ultra hypé, album Skying pour le mois d’août, les Horrors nous régalent avec un premier single Still Life qui laisse augurer du très lourd pour la rentrée...
Avec la publication de "Nine Types Of Light", on fête l’inespéré retour de TV On The Radio
sur terre. Une visite bienvenue de la part de l’un des meilleurs groupes américains des années 2000.